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Dimanche 2 mars ou plutôt lundi 3 mars vers 2 heures du matin, les sapeurs engagés volontaires de la 973° compagnie aux ordres du lieutenant Marceau, continuaient, au-delà de leur fatigue à harceler le PC régimentaire du 2° Régiment du Génie, dans son contrôle opérationnel. Ces jeunes sapeurs, qu’Yvon avait pris en main deux jours auparavant, le suivait avec enthousiasme. Au-delà de ses 35 ans de service, au sein de la réserve, le lieutenant Marceau, avait cette capacité exceptionnelle de mener les hommes et les femmes qui lui étaient confiés en s’appuyant sur leur capacité naturelle et en en tirant tout leur enthousiasme, et il surprenait le PC Régimentaire… Quatre semaines plus tard, c’est nous tous qu’il surprenait, en nous laissant ici. Encore un trait de son caractère. Homme surprenant, de contrastes, se donnant à fond dans son travail, tout en menant un combat social, et sachant avec soin ne pas mélanger son activité de militaire à temps partiel, en conservant son devoir de réserve. Bel exemple pour nous tous. Nous connaissions peu son activité civile, un peu mieux son activité militaire. Au début des années 70, il a servi au 17° Régiment de Génie Parachutiste. Puis intègrera la réserve. En ce qui nous concerne, ses camarades de réserve, nous l’avons connu au 79° régiment d’infanterie, comme sergent-chef puis adjudant, adjoint à chef de section, puis chef de section. En 1997, à la dissolution des régiments de réserve, il rejoint le 2° régiment du génie à Metz. Il sait, au milieu de ses camarades d’active et de réserve démontrer une fois encore ses valeurs et sa passion de l’engagement. Adjudant-chef, le grade qui l’aura le plus marqué, il décide de franchir le pas et de rejoindre le corps des officiers en 2005. Mais Yvon Marceau est bien autre chose que ce parcours au sein de l’institution. C’est environ 60 jours par an au service de son pays et de ses concitoyens C’est, fin décembre 1999, une tempête, un appel et huit jours plus tard, son engagement dans l’opération Tempête en Limousin. Pour la petite histoire, c’est lui qui a préparé l’arrivée en hélico du ministre de la défense, sur un site de dégagement de route…Heureusement pour nous, il n’a pas accueilli le Ministre, car il aurait certainement eu des choses à lui dire. C’est un de ses traits de caractère les plus marquant. Cauchemar de son Officier Adjoint Réserve, lorsque le téléphone sonnait et qu’il disait : « Mon Colonel, bon, avant qu’on vous le dise, j’étais chez le Général-Gouverneur et… » et là la sueur perlait dans le cou de l’adjoint réserve qui commencait à penser : « Bon comment je vais rattraper tout çà… » Au-delà du sourire qui accompagnait en général ces réflexions, il avait le mérite de poser le problème et de faire en sorte que la machine avance, positivement. Que de Chef de Corps ou de Commandant en second ne l’a vu arriver dans son bureau en mettant sur la table, tel problème, de sécurité ou d’aménagement. Toujours avec respect, mais toujours dit. Je rappellerai encore ce que me disais le lieutenant-colonel Bresso, adjoint réserve, et qui avait eu le plaisir de le commander au sein de sa compagnie. « J’ai compris, avec Yvon, ce qu’était qu’écouter un sous-officier et un homme d’expérience. Avec lui, chaque mot, même dit anodinement avait une vraie signification, et méritait d’être approfondi. » Mais son caractère le plus profond s’est révélé lorsqu’en 2004, il a eu en charge les stages d’accueil et de formation initiale des jeunes réservistes. Préparant avec son équipe d’une manière irréprochable ses activités, démolissant, il n’y a pas d’autres mots, certains immobilismes et les inerties naturelles d’une grande maison, il a mis en place les éléments pour que cette formation militaire soit la plus efficace. Et ensuite, comme un père de famille, en veillant sur leur santé, tout en les remuants, et en surveillant leur comportement, il préparait ces jeunes à s’intégrer dans la réserve. Aujourd’hui, pour la 5° compagnie, tous nos jeunes ont perdu leur Adjudant-chef, ou leur lieutenant, leur père en uniforme. Pour d’autres, les plus anciens, c’est leur ami, et ce dimanche soir, plus d’un d’entre nous avait un voile dans la voie, et les yeux humides. C’est un exemple, un moteur, un confident, modeste, intransigeant mais si pudique. A votre famille, que vous avez parfois volé en nous donnant de votre temps et de votre passion, nous ne pouvons que dire merci de sa patience, et de témoigner de votre engagement et de votre qualité. Nous sommes plus qu’à vos cotés. Au nom de tous nos camarades, mon adjudant-chef, pardon, mon lieutenant, merci pour tout ce que vous nous avez apportez et nous apporterez encore. |