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Le Lieutenant de Réserve Xavier Camlong, dans son hub de Viadeo.com sur la Réserve a réalisé cette synthèse que je vous livre [page 90 Tome 1 partie 1] :
Priorité aux capacités de gestion des crises
Il en découle plusieurs mesures concrètes :
Prendre en compte le rôle croissant des réserves, appelé à devenir de plus en plus important, notamment pour la gestion des crises sur le territoire de l’Union, ou la prise en charge des conséquences, sur ce territoire, des crises extérieures. Les Européens disposent de moyens très différents dans ce domaine, fruits d’histoires et d’organisations très diverses. La France suggère d’élaborer un statut européen des réservistes ou, à tout le moins, un moyen de coordonner les réserves des États membres, pour les personnels tant civils que militaires susceptibles d’être déployés dans des opérations de l’Union.
[page 69 Tome 1 partie 2] :
Les préfets de zone se verront confier, en outre, le pilotage d’une politique d’animation et de mise en cohérence des réserves de l’ensemble des ministères, en liaison avec les autorités militaires pour ce qui concerne les réserves militaires et en appui des préfets de département pour les réserves communales. La coordination des moyens civils et des moyens militaires au niveau de la zone de défense et de sécurité devra franchir un palier.
[page 244 Tome 1 partie 2] :
Les réservistes
Les réservistes opérationnels sont statutairement des militaires qui assument des fonctions militaires et relèvent de l’armée professionnelle.
La professionnalisation et les réductions de format des armées rendent plus que jamais nécessaire le franchissement d’un seuil dans la constitution d’une réserve, si nécessaire moins nombreuse, mais plus spécialisée, mieux formée et mieux intégrée dans le dispositif militaire. L’accroissement sensible de l’emploi des forces et les besoins qui s’expriment régulièrement dans certaines spécialités appellent un effort significatif dans les années à venir. Cet effort s’impose d’autant plus que l’investissement dans la réserve manifeste puissamment la contribution des citoyens à la sécurité nationale.
De ce point de vue, des améliorations s’imposent. La réserve opérationnelle doit se détacher définitivement de l’image de la réserve de l’armée de conscription. La politique des réserves, le recrutement, la gestion, les missions doivent s’adapter à la nature des opérations qui seront demandées aujourd’hui et demain aux forces armées.
Par ailleurs, le vivier de réserve issu du service national est actuellement tari. Il est donc essentiel d’accroître les efforts en direction de la société civile, au sein de laquelle se jouera désormais, pour l’essentiel, l’avenir des réserves opérationnelles. Dans l’effort de recrutement, il conviendra donc de distinguer les anciens militaires d’active, tenus d’y servir cinq années après la fin de leur engagement, des réservistes issus de la société civile, qui doivent entreprendre une démarche volontaire pour les rejoindre. L’effort prioritaire d’information et de recrutement sera entrepris au profit des seconds.
Les forces armées encourageront les recours aux réservistes agissant soit en renfort des unités d’active, soit au sein d’unités constituées sur le territoire national, au titre de la fonction de protection, soit, dans la mesure du possible, en opérations extérieures. Leur emploi dans des fonctions où leur expertise spécialisée peut être mise à la disposition d’un commandement de haut niveau sera encouragé. Dans les organismes chargés de la gestion des crises, au niveau central ou dans les zones de défense, dans la gendarmerie nationale ou dans les unités, du fait du départ des unités en opérations extérieures, la réserve opérationnelle représente un atout important pour la sécurité de demain. Le succès rencontré par la réserve de la gendarmerie nationale doit être amplifié et utilisé au service de la sécurité nationale sur tout le territoire, notamment en cas de crise.
Un effort important de recrutement devra être fait, en particulier, dans les pôles d’excellence de l’enseignement supérieur civil et militaire. Afin de renforcer les capacités de haut niveau de la réserve, des mesures incitatives devront aussi être prises pour les cadres supérieurs exerçant des responsabilités dans le secteur civil.
Bien qu’il ait été récemment révisé, le système actuel des réserves apparaît trop rigide et les taux de déperdition trop élevés. L’objectif devrait être de disposer de réservistes capables de s’engager non plus cinq jours, mais au moins trente jours par an – et dans certains cas jusqu’à deux cents jours.
Le recrutement de la réserve doit en outre être encouragé, en assurant les aménagements juridiques et pratiques autorisant les interruptions de vie professionnelle qui en résultent. Ces mesures concernent le réserviste lui-même, mais aussi son employeur, et la société dans son ensemble. En tout état de cause, une activité dans la réserve opérationnelle ne devrait pas entraîner une diminution de revenu des réservistes. Dans l’hypothèse où la solde versée serait inférieure au revenu de l’activité professionnelle, une compensation devra être prévue.
Par ailleurs, les blocages culturels de notre société doivent être surmontés. Ainsi, une proportion trop importante de réservistes dissimule son engagement à son employeur, public ou privé. Il est pour le moins anormal qu’il faille se cacher pour servir son pays. Il faut valoriser le rôle des réservistes et mieux assurer son acceptabilité dans les entreprises et les administrations.
Dans le même esprit, les employeurs ne doivent pas subir de préjudice financier disproportionné lors des engagements. Des partenariats entre les entreprises ou les collectivités publiques et le ministère de la Défense devront faciliter et valoriser l’engagement des réservistes.
À terme, compte tenu de la diversité des besoins, il sera nécessaire de constituer, à côté des réserves opérationnelles correspondant aux filières de métiers, un dispositif interministériel de renfort opérationnel pour la gestion des crises. Ce dispositif, qui dispensera une formation commune à plusieurs administrations, favorisera le recrutement et évitera les duplications.
[page 246 Tome 1 partie 2] :
Une gestion commune des réserves relevant de différents ministères sera mise en place, afin de répondre de façon coordonnée aux besoins liés à des crises aiguës sur le territoire national. La multiplication des filières (armées, gendarmerie, police, santé, sécurité civile) fait craindre que les mêmes personnes soient recensées plusieurs fois, ce qui crée des risques lorsque la ressource est rare (spécialistes, personnel médical…). Cet inconvénient ne sera évité que par la concertation interministérielle et une coordination territoriale au niveau des préfets de zone de défense et de sécurité.
[page 305 Tome 1 partie 2] :
LE RECOURS AUX VOLONTARIATS
Les volontariats permettront à tous les citoyens de s’engager dans une tâche de solidarité active en faveur de leurs concitoyens. Les membres de la Croix-Rouge, de la protection civile et de la Société nationale de sauvetage en mer démontrent chaque jour la volonté d’engagement personnel d’un grand nombre de nos concitoyens au profit de la collectivité. Le développement du volontariat – dans la diversité de ses formes – est un mouvement général qu’il convient d’encourager et d’organiser. Il peut jouer un rôle important dans le renforcement de la sécurité nationale. La refonte de la réserve citoyenne s’inscrira dans ce mouvement. Celle-ci constitue, depuis la professionnalisation des forces armées en 1996, la deuxième composante de la réserve militaire, aux côtés de la réserve opérationnelle. Elle est composée de femmes et d’hommes qui ne disposent pas des capacités techniques ou du temps nécessaires pour intégrer la réserve opérationnelle, mais qui sont désireux de s’investir au service de l’armée. Ils méritent, à cet égard, une vraie reconnaissance, car ils participent déjà à la cohésion nationale et à la résilience de la nation. Sociologiquement importante, la réserve citoyenne pâtit d’un manque de visibilité et de clarté des objectifs qui lui sont assignés. L’appellation de réserve ne correspond pas à la vocation de ce corps citoyen, dès lors qu’il n’a pas pour objectif de participer à des opérations en tant que renfort opérationnel. La mise en place d’un volontariat de la sécurité nationale correspondrait mieux à la réalité et aux besoins, tout en prenant en compte le désir d’engagement. Ces volontaires pourraient contribuer à l’encadrement de la JAPD, être sollicités en cas de besoin massif sur le territoire national à l’occasion d’une crise et participer aux actions permettant de faire connaître les armées et les différents services, forces et administrations contribuant à la sécurité nationale. Il pourrait également être fait appel à ces volontaires lors des commémorations nationales.
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